Cette étude analyse les effets de la hausse de l’âge minimal légal de départ en retraite de 60 à 62 ans, induits par la réforme de 2010, sur les trajectoires professionnelles et les équilibres budgétaires de l’assurance chômage et du système de retraite. Ce type de réforme a pour objectif de prolonger la carrière des seniors pour diminuer les dépenses de retraite et accroître les cotisations sociales, mais la réforme peut augmenter le recours à d’autres dispositifs comme l’assurance chômage. Nous appliquons une méthode des doubles différences sur données administratives, comparant les générations 1950 et 1954. Les résultats montrent une hausse du chômage indemnisé entre 60 et 62 ans, due principalement à un allongement de la durée d’indemnisation des chômeurs, augmentant les dépenses. Simultanément, la réforme a accru l’emploi entre 60 et 62 ans, augmentant les cotisations sociales. Des effets positifs sur l’emploi avant 60 ans sont observés, notamment pour les salariés en fin de carrière stable dans de grandes entreprises. L’impact global sur le solde financier annuel de l’assurance chômage est négatif mais très faible: au maximum 36 millions d’euros, les hausses de recettes compensant le surcoût dû à la hausse du nombre de personnes indemnisées par l’Assurance chômage.